Le fonds en euros est l'actif emblématique de l'assurance-vie française. Pendant des décennies, il a constitué le placement préféré des épargnants français — garanti en capital, avec effet cliquet (les gains acquis sont définitivement acquis), et fiscalement intégré au régime favorable de l'assurance-vie.
Après une période difficile de 2020 à 2023 où les taux étaient tombés sous le niveau de l'inflation, les fonds en euros retrouvent en 2024-2026 une attractivité renouvelée. Sans atteindre les niveaux des années 1990-2000, ils redeviennent une brique pertinente d'une allocation diversifiée. Tour d'horizon des perspectives 2026.
Le fonds en euros : rappel du mécanisme
Le fonds en euros est un actif de l'assurance-vie qui combine plusieurs caractéristiques particulières :
- Garantie en capital : l'épargne investie est garantie à 100 % par l'assureur (sous réserve de sa solvabilité)
- Effet cliquet : les intérêts servis chaque année sont définitivement acquis et capitalisés — ils ne peuvent pas être repris
- Rendement annuel servi : l'assureur communique chaque année le taux net de frais de gestion attribué au fonds. Ce taux n'est pas connu à l'avance ; il dépend de la performance des actifs sous-jacents et des choix de l'assureur en termes de mise en réserve et de redistribution
- Composition : majoritairement des obligations souveraines et corporate de qualité (Investment Grade), avec une part minoritaire d'autres actifs (immobilier, actions selon les assureurs)
Le rendement net du fonds en euros dépend ainsi de plusieurs facteurs : taux d'intérêt en vigueur sur les obligations à l'achat, performance des autres classes d'actifs minoritaires, frais de gestion appliqués par l'assureur, et politique de mise en réserve (l'assureur peut conserver une partie des gains en provision pour participation aux bénéfices).
L'évolution récente : la remontée 2024-2025
Après plusieurs années de taux historiquement bas (autour de 1 % à 1,5 % entre 2020 et 2022, sous le niveau de l'inflation qui a atteint 5-6 % en 2022-2023), les fonds en euros ont commencé à rebondir en 2024-2025.
Plusieurs facteurs expliquent ce rebond :
- Hausse des taux d'intérêt directeurs européens (BCE de 0 % à 4,5 % entre 2022 et 2023), qui a renchéri les coupons obligataires
- Renouvellement progressif des portefeuilles obligataires des assureurs, qui réinvestissent à mesure que les anciennes obligations à faible taux arrivent à échéance
- Politique commerciale des assureurs pour reconquérir une collecte affaiblie pendant les années de taux bas — taux servis en hausse, parfois bonus de fidélité ou taux boostés sur nouveaux versements
Sur 2024-2025, les taux moyens des fonds en euros se sont positionnés autour de 2,5 % à 3,5 % nets, avec une dispersion plus large que par le passé (les meilleurs contrats à plus de 4 %, les moins bons proches de 2 %).
Les perspectives 2026
Pour 2026, les analystes anticipent une stabilisation des taux des fonds en euros dans une fourchette typique de 2,2 % à 3,5 % nets, avec quelques contrats à frais bas ou à politique commerciale agressive pouvant dépasser ces niveaux.
Plusieurs éléments structurent ces perspectives :
- Effet d'inertie : la BCE ayant amorcé une détente monétaire fin 2024, les nouveaux investissements obligataires se font à des taux légèrement inférieurs. Mais l'effet sur le rendement servi se ressent avec un décalage de plusieurs années
- Provisions de mise en réserve : les assureurs disposent généralement de réserves (PPB — Provision pour Participation aux Bénéfices) qui leur permettent de lisser les taux servis dans le temps. Ces réserves ont été constituées sur les années de bons rendements et peuvent absorber une partie d'une éventuelle baisse
- Concurrence commerciale : les assureurs en quête de collecte continueront probablement de proposer des taux attractifs sur les nouveaux versements (taux boostés conditionnels à un pourcentage d'unités de compte)
Les acteurs à surveiller
Les performances des fonds en euros varient significativement d'un assureur à l'autre, et même d'un contrat à l'autre chez le même assureur. Les principaux acteurs du marché français qui méritent attention en 2026 :
- Suravenir (groupe Crédit Mutuel Arkéa) — fonds en euros des contrats Fortuneo Vie et de plusieurs contrats Yomoni, Linxea Avenir
- CNP Assurances — fonds en euros de Lucya CNP et de nombreux contrats des Caisses d'Épargne
- Spirica (groupe Crédit Agricole Assurances) — fonds en euros de Linxea Spirit 2
- Cardif (BNP Paribas) — fonds en euros de Lucya Cardif et des contrats BNP Paribas Banque
- Apicil — fonds en euros de plusieurs contrats indépendants et de partenariats avec robo-advisors
- MACSF, GMF Vie, MIF, La France Mutualiste — acteurs mutualistes proposant historiquement de bons rendements grâce à des structures de coûts plus modérées
L'important : comparer le taux servi sur le contrat précis détenu, et non le taux générique de l'assureur. Un même assureur peut avoir plusieurs contrats avec des taux servis différents selon les politiques commerciales et la concurrence sur chaque contrat.
Le fonds en euros dans une allocation 2026
Malgré la remontée, le fonds en euros reste un actif à rendement modéré. Sur la durée d'une vie d'épargnant (20-30 ans), une allocation 100 % fonds en euros ne permet pas de construire un patrimoine significatif comparé à une allocation diversifiée incluant des actions.
Le fonds en euros conserve néanmoins une utilité claire dans une allocation diversifiée :
- Poche sécurisée d'une allocation : pour les profils prudents ou la part « cœur de patrimoine », 20 à 40 % en fonds en euros permet de stabiliser le portefeuille
- Réserve de précaution accessible : l'assurance-vie avec fonds en euros peut servir de réserve de moyen terme, plus rémunérée qu'un livret bancaire
- Sécurisation pré-retraite : à l'approche d'une échéance (5-7 ans), basculer progressivement de l'allocation actions vers le fonds en euros sécurise les gains acquis
- Transmission : combinée avec les avantages successoraux de l'assurance-vie, la poche fonds en euros transmise est valorisée à sa valeur nette à la date de décès
Pour les durées longues (10 ans et plus), une allocation mixte fonds en euros + ETF actions diversifiés reste plus performante après inflation qu'une allocation 100 % fonds en euros.
En synthèse
Les taux des fonds en euros en 2026 retrouvent un niveau plus attractif après la période de taux extrêmement bas. Une fourchette de 2,2 % à 3,5 % nets devient la norme, avec des écarts significatifs entre contrats.
Pour les épargnants, le réflexe reste de vérifier le taux servi sur leur contrat précis (et non le taux générique de l'assureur), d'évaluer le poids du fonds en euros dans leur allocation au regard de leur horizon, et d'arbitrer si nécessaire vers des supports plus performants pour les poches long terme.
Les contrats d'assurance-vie à frais bas (Lucya CNP, Linxea Spirit 2, Lucya Cardif) restent les vecteurs les plus efficaces pour combiner accès aux fonds en euros performants et accès aux ETF à bas frais. Voir notre comparatif des meilleures assurances-vie 2026.
Questions fréquentes
Quel est le taux moyen des fonds en euros en 2026 ?
Pour 2026, les taux des fonds en euros se situent typiquement entre 2,2 % et 3,5 % nets de frais de gestion, avec une dispersion significative entre contrats. Les meilleurs contrats peuvent dépasser 4 % (souvent via des taux boostés conditionnels à un pourcentage d'unités de compte), tandis que les moins bons restent proches de 2 %. Cette fourchette est nettement plus attractive que les années 2020-2023 (autour de 1 % à 1,5 %), grâce à la remontée des taux d'intérêt européens 2022-2024 qui a permis aux assureurs de reconstituer leurs portefeuilles obligataires à des rendements plus élevés.
Quels sont les meilleurs fonds en euros en 2026 ?
Plusieurs assureurs ressortent régulièrement dans le haut du palmarès des fonds en euros : Suravenir (Crédit Mutuel Arkéa), CNP Assurances, Spirica (Crédit Agricole), MACSF, GMF Vie, MIF, La France Mutualiste. Les mutualistes bénéficient historiquement d'avantages structurels (pas de rémunération des actionnaires) qui se traduisent par des rendements plus élevés. Important : comparer le taux servi sur le contrat précis détenu, et non le taux générique de l'assureur. Un même assureur peut avoir plusieurs contrats avec des taux servis différents selon les politiques commerciales et la concurrence sur chaque contrat.
Faut-il investir 100 % en fonds en euros ?
Non, pas pour une stratégie patrimoniale long terme. Même avec la remontée des taux 2024-2026, le rendement du fonds en euros (2,2 % à 3,5 % nets) reste modéré comparé à l'inflation et aux performances historiques des actions diversifiées (autour de 6 à 8 % bruts par an sur le long terme). Une allocation 100 % fonds en euros ne permet pas de construire un patrimoine significatif sur 20-30 ans. Le fonds en euros conserve néanmoins une utilité dans une allocation diversifiée : poche sécurisée pour profils prudents, réserve de précaution accessible, sécurisation pré-retraite. Pour les durées longues, une allocation mixte fonds en euros + ETF actions diversifiés reste plus performante après inflation.
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