ETF

Ce qui était sur la table

Une note interprofessionnelle datée du 24 juillet 2026 a laissé entrevoir un durcissement des règles du plan d'épargne en actions : la fin de l'éligibilité, au PEA, des ETF synthétiques exposés hors Europe. Concrètement, les fonds indiciels qui, grâce à un mécanisme de swap, permettent de suivre un indice international (monde, États-Unis, émergents) tout en restant logés dans un PEA auraient pu être exclus de l'enveloppe.

La perspective avait de quoi inquiéter : ces ETF sont précisément ceux qui permettent à des millions d'épargnants d'obtenir une diversification mondiale au sein d'un PEA, normalement réservé aux actions européennes. Les remettre en cause aurait touché un pan entier de l'épargne investie.

Pourquoi cette mesure aurait été contre-productive

Au-delà du soulagement des épargnants, le fond du sujet mérite d'être expliqué, car l'idée d'interdire les ETF synthétiques en PEA reposait sur un contresens.

Le principe même d'un ETF synthétique éligible au PEA est le suivant : il fait détenir des actions européennes au fonds, tout en délivrant à l'épargnant la performance d'un indice international. En pratique, l'ETF détient un panier d'actions européennes et échange sa performance, via un swap, contre celle de l'indice visé (le S&P 500, le MSCI World, etc.).

La conséquence est décisive : un épargnant qui veut s'exposer aux marchés internationaux et qui passe par un ETF synthétique en PEA finance, indirectement, la détention d'actions européennes. S'il ne pouvait plus le faire, il se tournerait vers un compte-titres ordinaire pour acheter directement des actions internationales hors Europe. Interdire les ETF synthétiques en PEA aurait donc eu un effet paradoxal : encourager la vente d'actions européennes, à rebours de l'objectif du PEA, qui est précisément de soutenir l'investissement en actions européennes. En réalité, loin de le menacer, ces ETF accroissent l'investissement en actions européennes : chaque euro placé par un épargnant sur un ETF synthétique se traduit par la détention d'actions européennes au sein du fonds.

À cela s'ajoute un angle mort : le gouvernement n'a jamais communiqué de chiffrage des gains fiscaux qu'il espérait de cette mesure, lesquels semblaient de toute façon limités au regard du mécanisme. La proposition s'inscrivait dans un contexte de recherche de recettes fiscales, alors que le déficit budgétaire est hors de contrôle et que les prochaines élections présidentielles ont lieu dans moins d'un an. Pour un rendement fiscal incertain et vraisemblablement faible, la mesure aurait fragilisé un dispositif d'épargne largement utilisé : un rapport coût-bénéfice difficile à justifier.

Il y a même un effet contre-intuitif du côté des recettes de l'État. Les ETF synthétiques affichent des frais de gestion annuels plus élevés que les ETF non synthétiques répliquant les mêmes indices. Ils génèrent donc davantage de revenus pour les sociétés de gestion qui les proposent — et, à ce titre, davantage d'entrées fiscales in fine pour l'État. Restreindre ces produits aurait ainsi pu réduire, plutôt qu'augmenter, la matière fiscale associée.

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Ce qu'il faut retenir

L'alerte du 24 juillet 2026 est levée : le gouvernement a renoncé, le 26 août, à exclure les ETF synthétiques du PEA. Pour les épargnants, rien ne change — ces fonds restent un moyen simple et peu coûteux d'accéder aux marchés internationaux dans une enveloppe fiscalement avantageuse. Sur le fond, le renoncement est cohérent : interdire ces ETF aurait, paradoxalement, détourné l'épargne des actions européennes que le PEA a vocation à soutenir.

Questions fréquentes

Les ETF synthétiques sont-ils toujours éligibles au PEA ?

Oui. Le 26 août 2026, le gouvernement a annoncé renoncer à la mesure qui aurait pu les exclure. Les conditions d'éligibilité ne sont pas modifiées : les ETF synthétiques restent éligibles au PEA.

Qu'est-ce qu'un ETF synthétique en PEA ?

C'est un fonds indiciel qui détient des actions européennes et échange leur performance, via un swap, contre celle d'un indice international (monde, États-Unis, émergents). Cela permet de s'exposer aux marchés mondiaux tout en restant dans un PEA, normalement limité aux actions européennes.

Dois-je faire quelque chose si j'en détiens ?

Non. Aucune démarche n'est nécessaire. Le maintien de l'éligibilité signifie qu'aucun changement n'affecte les ETF synthétiques déjà détenus en PEA.

Pourquoi l'interdiction aurait-elle été contre-productive ?

Parce que l'ETF synthétique fait détenir des actions européennes à des épargnants qui, autrement, achèteraient directement des actions hors Europe sur un compte-titres. L'interdire aurait donc découragé la détention d'actions européennes, à l'inverse de l'objectif du PEA.