C'est l'une des questions les plus fréquentes — et l'une des plus difficiles à trancher avec une réponse simple. Le montant à épargner dépend de votre âge, de votre situation actuelle, du niveau de vie que vous souhaitez maintenir et des enveloppes que vous utiliserez. Voici une méthode concrète pour l'estimer.
Première étape : estimer votre future pension
Votre retraite sera composée d'une pension de base (Sécurité sociale) et d'une retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés). La règle approximative : un salarié ayant effectué une carrière complète au SMIC percevra environ 85 % de son dernier salaire. Pour un cadre avec un salaire de 80 000 € brut annuels, la pension peut tomber à 40 à 50 % du dernier salaire net, voire moins.
Le service officiel Info-Retraite (info-retraite.fr) permet d'obtenir une estimation personnalisée de vos droits. Consultez-le régulièrement — c'est la base de tout calcul sérieux.
Pour un cadre supérieur ou un dirigeant dont les revenus dépassent le plafond de la Sécurité sociale, le taux de remplacement peut tomber à 30 à 40 % du dernier revenu. L'écart à combler par l'épargne personnelle est donc très significatif.
Deuxième étape : estimer le capital nécessaire
Si votre pension couvre 2 500 € nets par mois et que vous souhaitez 3 500 € par mois, il vous faut un complément de 1 000 €/mois, soit 12 000 €/an. Pour financer ce complément pendant 25 ans de retraite (de 65 à 90 ans), en supposant que votre épargne reste investie à 3 % nets par an, il vous faudra un capital d'environ 210 000 € au moment du départ.
Ce chiffre change radicalement selon le rendement de votre épargne pendant la phase de retraite. C'est pourquoi la structuration du patrimoine en amont de la retraite est aussi importante que la phase d'accumulation.
Troisième étape : calculer l'effort d'épargne mensuel
Pour accumuler 210 000 € en 25 ans à un rendement net de 5 %/an, vous devez épargner environ 360 €/mois. Pour 20 ans, environ 520 €/mois. Pour 15 ans, environ 790 €/mois.
Ces chiffres illustrent une évidence souvent ignorée : chaque année de retard coûte cher. Commencer à 30 ans plutôt qu'à 40 ans permet d'épargner moitié moins par mois pour le même résultat, grâce aux intérêts composés.
Ces calculs sont des estimations. Les paramètres qui changent tout : votre taux de rendement réel (qui dépend de votre allocation), l'inflation, et l'évolution de votre situation personnelle et professionnelle. Un CGP peut affiner ces projections avec vos données réelles.
Quelles enveloppes privilégier ?
Le PEA est l'enveloppe la plus efficace fiscalement pour les placements en actions sur le long terme (exonération d'IR après 5 ans). À utiliser en priorité jusqu'au plafond de 150 000 €.
L'assurance-vie est complémentaire : pas de plafond, fiscalité allégée après 8 ans, avantages successoraux, liberté de retrait totale. Idéale pour les sommes destinées à la retraite mais dont vous pourriez avoir besoin avant.
Le PER est intéressant si vous êtes dans une tranche marginale d'imposition élevée aujourd'hui (41 % ou 45 %) et anticipez une tranche plus basse à la retraite. Attention au blocage du capital jusqu'à la retraite et aux frais des contrats bancaires traditionnels.
Une question sur votre situation patrimoniale ?
paro conseil vous accompagne en toute indépendance. Premier entretien gratuit, sans engagement.
Prendre rendez-vous →